samedi 14 mars 2009

La maison kabyle ou le génie des ancètres


Axxam mebla taεrict, am taddart mebla taqcict


Bâtir une maison est, pour le montagnard Kabyle, un accomplissement de soi, une concrétisation de l’un des fondements de son identité: axxam, enif, el horma. Il ne peut concevoir la vie sans construire son propre toit ! Axxam, est un concept amazigh multidimensionnel. Il désigne à la fois, l’habitation au sens physique, le ménage dans son acception économique et sociale, le refuge, l’abri, dans sa dimension protectrice psychologique et enfin la famille, au sens large, une cellule dans un groupe social, avec toutes les obligations et relations parentales et filiales verticales et horizontales.


Fonder une famille sans construire de logis est un non sens pour le citoyen kabyle, aussi n’a-t-il sa place dans l’assemblée villageoise comme paysan accompli qu’après avoir édifié sa demeure, aussi modeste soit-elle.Le terme Axxam est un référent qui revient dans la littérature orale berbère très souvent. Ainsi pour qualifier l’extraverti qui s’occupe des affaires des autres on dit « Axxam-is Our Syezmir, il Djmaa Yedem Amezir » ou « Ne pouvant assainir sa demeure, il s’en va nettoyer la mosquée ».Qualifiant le tire-au-flanc qui vit de l’effort de ses frères et sœurs ou sous l’autorité de ses apprentis on dit : « thaxxamt sedaw wexxam » ou « la petite maison dans la grande ».


La maison kabyle ancêtre du duplex


L’architecture de l’habitat en Kabylie a connu depuis l’indépendance une transformation fondamentale, passant de la maison kabyle ancestrale, partie d’un ensemble villageois harmonieux, total et fonctionnel, à une bâtisse individualisée moderne à plusieurs niveaux, avec des formes intermédiaires, tel que le mas avec cour, la maison turque à cour intérieure ou encore le pavillon à terrasse.Il n’y a plus d’architecture typiquement kabyle. Les villages évoluent dans l’anarchie, dans des excroissances en béton sans âme, il s’agit de la bâtisse à deux niveaux, un rez-de- chaussez pour les garages et un deuxième niveau pour le domicile familial.La philosophie qui a de tout temps sous-tendu l’habitat dans la région kabyle, n’a par contre guère évolué ou très peu.La maison kabyle a été conçue dans un esprit d’extrême utilité. C’est beaucoup plus un espace de travail et de créativité qu’un lieu de repos et de détente.Autrefois l’étable qui abritait les animaux était attenante à la grande salle commune, aujourd’hui, le garage qui fait office de boutique, d’atelier ou de café est sous le même toit que le domicile familial. La logique de l’utile l’emporte toujours sur celle de l’agréable. Ancêtre du duplex appartement à deux niveaux dans le même volume habitable, la maison du montagnard de Kabylie telle qu’héritée des aïeux est de nos jours une curiosité touristique un objet d’étude pour les architectes, les sociologues et les anthropologues sociaux.


Elle n’a plus de nos jours sa fonctionnalité originelle.Ighil Laqrar est le premier village de la commune Ait Melikèche que l’on rencontre en remontant de la vallée de la Soumam. Un petit Hameau de deux cents âmes, modèle du village kabyle de montagne avec son mausolée (Sidi Lebsir), son agora (tajmaat), sa source (tala) espace féminin par excellence, ses jardins (timizar). Toutes les maisons édifiées de part et d’autre de l’unique voie de circulation ont été reconstruites après l’indépendance dans un nouveau schéma, de nouvelles normes. Seule la demeure de feu Hadj Salah est encore debout, originelle telle qu’elle a été construite au début du siècle.Une lourde porte de bois brut à deux volets, produite manuellement par les artisans d’Ighil Ali ouvre sur une cour ombragée par un figuier et une treille.C’est l’entrée de la maison qui exprime son identité et le niveau social des propriétaires. Aussi accorde-ton, une attention particulière à la façade. Afrag, la cour intérieure espace féminin par excellence est divisée en deux parties fonctionnelles. La partie ensoleillée réservée à l’entreposage du bois, au séchage du linge, des conserves annuelles de figues, d’olives noires, de poivrons et autres condiments et herbes médicinales. La partie opposée, ombragée sous la treille ou l’olivier plus sollicitée durant la saison chaude, sert au repos des bêtes durant les heures de canicule azal ponctuées par le goûter journalier tanalt. Une porte dérobée thakharadjit donne sur l’arrière de la maison où est situé le cabinet de toilette et l’entrepôt de fumier.L’étable (adaynin) est le premier niveau de la maison, elle abrite la fortune du paysan et ses moyens de travail. Une paire de bœufs, l’âne, le sobre ami du paysan kabyle, la chèvre et ses petits, une à deux brebis. L’étable donne sur la grande salle familiale par un petit escalier de pierre qui coupe un muret de pierre criblé de meurtrière séparant les deux espaces – l’étable fait office de chauffage central pour toute la maison.La chaleur animale remonte dans la grande pièce pour envahir ensuite la soupente tissi et la chambre haute taghorfets. Au fond de l’étable, un celier lemdaoud est construit à la dérobée.On y abrite les bûches, les rondins de bois sec, l’aliment du bétail (paille, foin, orge, avoine, caroube et feuille de frêne).Taxxamt, la grande salle commune distribue sur la chambre haute, la soupente, la cour et l’étable. Elle fait office de séjour, de cuisine, de chambre à coucher pour enfants et de salle de travail domestique et d’accomplissement des taches ménagères.Tasga, la partie jour éclairée faisant face à la porte d’entré est délimitée par l’unique mur aveugle qui sert au montagne du métier à tisser. El Kanoun, le coin cuisine est organisé autour de l’âtre juxtaposé à l’autel de pierre-tadoukan – sous lequel sont rangés les ustensiles de cuisine et les produits alimentaires usuels (huile d’olives, semoule d’orge et de blé, fèves concassées, condiments divers).Adoukan est un lit de pierre construit sur un mètre de hauteur contre le jour, gauche de la grande pièce par rapport à l’entrée. C’est la couche de maître des lieux. Il sert, de mur d’escalier pour grimper dans la soupente où sont rangées les provisions conserves de fruits (figues, grenades, olives), les viandes séchées achedlouh, les céréales de l’année (irden, timzin, ahvacha, ivawen…). Seule la maîtresse de maison a accès à ce magasin et en garde la clé cousue à sa ceinture.


La maison kabyle grandit avec la famille. Avant de marier le fils, on lui construit une maison attenante à celle du père. Avec le temps et les générations, on a formé les villages. Des maisons solidaires qui s’appuient les unes sur les autres, se communiquent leur chaleur, leurs bruits, leurs douleurs, leur vie. Les enfants ont copié sur les parents qui avaient reproduit la maison des ancêtres sans rien modifier.Après l’indépendance, l’exode rural a vidé les villages de Kabylie que l’émigration a déjà bien diminué. De nouvelles idées sont venues perturber les vielles maisons des aïeux. On a démoli par nécessité, la terre étant rare, pour reconstruire de grosses bâtisses, copies parfois réussies mais souvent ratés, des maisons européennes ! L’émigré de retour a ramené dans sa mémoire une vision nouvelle. Dans une compétition bien kabyle, on s’est adonné à l’édification de bâtisses, à plusieurs étages qui ne seront occupées que durant la période estivale restant vides l’année durant.L’argile, la pierre et le bois On ne rencontre guère plus, de maçons capables de construire, une maison sur le modèle ancien avec de la pierre brute azrou, du mortier d’argile, tikhmirt, une charpente de bois, ijga et de la tuile romaine, aqarmoud, comme couverture.


Réaliser ce duplex avec chambre basse, une extension en hauteur avec un plancher de séparation et un soubassement pour l’écurie et le bûcher n’est pas à la portée du premier venu. Les artisans-maçon préfèrent de nos jours le parpaing facile à poser, le ciment et le sable comme mortier et la dalle de béton armé comme couverture. Tous les bien carré, sans fioritures, sans défauts mais aussi et souvent sans charme, sans attrait. Si L’Hacen, qui a gardé intacte la maison de ses ancêtres explique la philosophie kabyle en matière de construction : «C’est un besoin naturel que de construire. Le Kabyle qui ne réalise pas sa maison n’est pas un homme.


Edifier son logis, gagner le pain de ses enfants, protéger sa femme, mettre en valeur ses propriétés et participer à l’effort collectif tiwizi, voilà entre autres valeurs celles qui fondent la kabylité. Le nif c’est tout ce qui rentre dans les relations avec autrui, payer ses dettes, racheter les terrains des ancêtres, défendre le village, honorer la région, sauver l’orphelin et protéger la veuve ou l’handicapé ! La horma c’est tout ce qui touche à l’intérieur, combler sa femme, protéger ses filles par l’éducation, définir son territoire, sa maison et préserver l’intimité. Etre prêt à défendre les siens contre tout prédateur. Le fusil est un moyen de défense du nif et de la horma».Le paysan avait besoin de toute cette explication des valeurs kabyles pour étayer le «caractère défensif » de la maison kabyle. « Axxam est un tout, il doit être fermé, sécurisé et inviolable.


La maison kabyle de par sa forme remplit des fonctions utilitaires et sécuritaires.Elle n’a pas de fenêtres, par contre elle a des meurtrières qui contrôlent toutes les allées alentour. Une issue de secours est prévue, thakharadjit. La chambre d’en haut taghorfets, permet une vision circulinaire d’une partie du village d’où pourrait surgir l’agresseur ».Aucun paysan ne construit seul sa maison. C’est un moment de grande solidarité. Si, monter des murs nécessite juste un maçon et un apprenti, les fondations et la toiture appellent la participation de tout le village.La pose de la poutre faîtière, ajgou alémas, est un moment particulier. Il s’agit d’un tronc d’arbre mal dégrossi que l’on transporte de la forêt avec des cordes et que l’on hisse à la force des bras sur le sommet des murs. « Ramener ajgou de la forêt est un jour de fête, se souvient, El Hacen le montagnard. Une procession de jeunes gaillards qui se passent la main et se relaient sous la grosse charge à travers champs. Les enfants accompagnent le cortège de chants, de chorales. Certains exubérants ramènent même les tambourinaires idebalen tout se termine à l’évidence par un couscous ».Les matériaux utilisés dans la construction de la maison kabyle sont ceux que l’on trouve sur place. Solides imperméables, faciles à travailler, ils protègent parfaitement de la chaleur et du froid.


La pierre abonde en kabyle. Le gré, le granit, le basalte, le calcaire de diverses couleurs, sont préparés en restanques aghalad durant les longues journées de printemps. On y puise les quantités nécessaires à la construction en fonction des besoins. - L’argile ou la marne, mélangée à l’eau et la paille, donne une pâte épaisse servant de mortier liant la muraille de pierre. La toiture est en tuile romaine. Elle est échafaudée sur deux versants délimités par la poutre faitière. Un lit de perches tassara repose sur les deux pannes intermédiaires et sablière sur chaque versant du toit.- La tuile ronde est posée sur l’enduit de marne comble la trame de roseau tissée comme un clissage sur le lit de perches. Chaque tuile ronde installée sur le dos reçoit deux tuiles dans son ventre et l’étanchéité est garantie. Une ligne de grosses pierres assure l’immobilité ! Réaliser une toiture est un acte de solidarité villageoise. Trois équipes sont mobilisées. Celle qui prépare le mortier, tahourt, celle qui pose les tuiles, et le groupe qui assure le lien entre les deux équipes. Tout se déroule sous l’œil vigilant d’un contre-maître expérimenté, un meneur d’hommes qui définit les taches de chacun et veille à leur bonne exécution. Abenay, le bâtisseur met la main à la pâte, vérifie la consistance du mortier, la propreté des tuiles, la solidité de la trame de roseau et surtout l’entame de la pose des tuiles.De la pose de la première tuile dépend l’harmonie de l’ouvrage. Construire en pierre et en terre recouverte de bois de terre et de tuile (terre cuite), la maison kabyle trapue, écrasée, assure une protection maximale contre le froid et la chaleur.Cette demeure remplit les conditions d’hygiène connues dans toutes les civilisations. Construite sur des hauteurs, éloignée des marécages et des rivières, elle est toujours bien orientée de sorte que le soleil la visite et la désinfecte.De telles maisons tendent à disparaître. On construit autrement de nos jours. Pour des raisons de confort, d’espace et de commodité on copie les européens. Souvent très mal.La maison kabyle est le témoin physique d’un mode de vie, un contexte et une culture qui n’existent plus.Dans chaque village de Kabylie, une de ces vielles maisons défie encore le temps ; on les conserve pour la nostalgie, la mémoire, c’est le témoignage du génie des ancêtres.


Source: Rachid OULEBSIR,

"la Dépeche de Kabylie" 07 août 2004.

vendredi 27 février 2009

ussan di temzi

Sous l’ombre d’une vigne aux fruits rouges dont le feuillage déborde pour faire l’ombre à partir du mi printemps, adossé sur une banquette : Une sorte de mur de bas niveau recouvert d’un crépissage de terre et de bouse de vache qu’on trouve par ailleurs sous forme de véranda (asqif) dans d’autres constructions, faisant office d’air de repos pour les passants et d’introduction à la maison pour les visiteurs, mon grand père Kaci me regardait partir déjà enfant à Sidi El Moufek ou ma famille m’avait donc inscrit à la medersa coranique de Cheikh El Mahfoud pour quelques temps .

Je devais avoir quatre ans. Le souvenir vif, on écrivait sur une tablette en bois trouée de haut pour la suspendre en fin de classe à quelque pointe (tagwest) du mur avec un fil. Au fait les enseignements étaient simples. Sous l’œil vigilant du maître, Il s’agissait d’écrire des versets du Coran d’une plume de rosier imbibée d’encre à base de brûlé de laine appelé « smekh », d’apprendre, sous peine de frappes sur le plat du pieds « falaqa » et de les plasmodier par la suite après avoir effacé l’ardoise de bois avec une substance appelée « tsnachir » la laver avec de l’eau et la laisser sécher pour la reprendre le lendemain ma mère connaissait déjà quelques versets appris de ses seuls six mois d’écoles de sa vie à Ikherbane .

A cette époque, on était loin de s’en rendre compte des enseignements encore moins de leur utilité, l’intéressant était d’accompagner ces meutes d’enfants de tout age dans le brouhaha au milieu de disputes infantiles jusqu’a notre maison ou mon grand père me recevait avec la même question : « qu’es ce que tu as appris aujourd’hui ». De toute évidence il n’avait jamais eu de réponse mais il la reposait de même autant de fois.
Une année plutard je faisant l’entrée précoce à l’école publique au village Tabouda en 1972 dans un édifice lègué par les français et qui devait faire office d’école d’apprentissage pendant les dernières années de la guerre de libération nationale. J’ai été donc accueilli dans ce bâti en préfabriqué à Amrij transformé ,plutôt gardé en école de l’Algérie indépendante .
Les ateliers de menuiserie témoignaient encore aux cotés de celles de la couture par leur présence que les machines ont désertées au profit de maisons du village nous dit on. Un terrain de volley-ball et de pétanque embellis par quelques frênes aux ombres dures de l’été et deux habitations pour les maîtres éloignés dont l’une été occupée par un certain Hochine maître de français amplissaient le decor qui devait aussi temoigner de l'ambiance , alors que la plupart des professeurs du primaire étaient des gens du village : Boujemaa Rabah, Aberbour, boualayoune makhlouf, Boufalla mohand salah , benabdella boussaad….une sorte d’équipe arabisée qui a porte le flambeau et la tache lourde de nous faire comprendre le peu qu’ils savaient du monde mais qui nous a permis néanmoins d’être lucides éveillés et quelque peu intelligents.
L’ambiance était chaude conviviale enclin a l’enthousiasme de l’après indépendance ou les valeurs nationalistes et le sérieux dans le travail avaient encore leurs place, les maitres étaient respectées plus que les marabouts et redoutés plus que nos parents. A cette époque les samedis et les dimanches étaient encore des journées de repos hebdomadaires même si les enseignements étaient dispensés en langue arabe dans leurs trois piliers principaux « écrire, lire et compter ».Ma grand-mère (que Dieu lui accorde sa miséricorde) particulièrement vigilante faisait des visites improvisées et se rendait aux maitres, chez eux même, pour s’enquérir de l’évolution et l’éducation de l’élève que j’étais, a cette époque il n’y avait pas de cadre formel pour le faire sinon a travers les réseaux familiaux tramés depuis l’existence de ces villages kabyles ou tout le monde connaissait tout le monde .

En compagnie de Ouamara Mohand Akli dit « Bouhou » et quelques temps de Bahloul hamimi , amis de la première enfance et fils d’immigres kabyles tout comme moi nous faisions la même classe a Tabouda étant du même âge « Tizya » . Je passais donc chez les oncles de Mohand Akli chez les Barache, en traversant la ruelle familiale une sorte de chemin sans issue exclusif, ou il fallait faire expressément attention au chien de da yahia, une bête de couleur de race maghrébine et de comportement aussi, car il attaquait a l’improviste au dos après que la personne soit parti. On y arrivant, après plus de peur que de mal, sa mère nous offrait un lait chaud de chèvre ou de brebis bouilli sur un coin de feu « el kanoun » une sorte de trou de 30 centimètres de diamètre sur le quel un feu de bois d’olivier mélangé a du genet « adherdhaq » ou bruyère "afouzel" est allume pour cuir les aliments et chauffer la maison pendant les froids.

En quittant cette tendresse singulière que seules les femmes kabyles en avaient on prenait le chemin vicinal traversant le village jusqu'à la dernière maison des at l’mouloud qui nous introduisait dans les champs avoisinants "timizar" d’akhwnaq oufella . il fallait arriver a temps, mais le jeu et l’appel de la nature nous faisait quelques fois du retard soit pour des disputes, des parlottes ou des virées dans les champs voisins pour voler le fruit de saison , a la rentrée les dernières figues de septembre particulièrement difficile a dénicher nous faisaient dérouter , par la suite c’est les figues de barbarie ,les grenadier, les aubépines, les glands,...jusqu'à l’arrivée de l’hiver qu’il fallait affronter avec le peu de moyen du monde rural , les chaussures trouées et quelques vêtements recousues cachés sous un petit burnous ou une kachabia mais qui laissaient infiltrer les pluies rigoureuses qu’accompagne le vent glacial de nos montagnes qui nous fait rougir les joues et glacer les mains en grandissant la hâte d’y arriver en classe ou un poêle a mazout nous réchauffait .En ces temps il n’a pas beaucoup de choses a faire sinon en temps d’éclaircies et de repos tendre les pièges aux charbonniers et aux grives...
Au retour de classes et parfois avant on se permettait a jouer, aux débuts a tixxamine n’chitane, a traduire par les coins du diable, un jeu qui commencait deja a disparaitre et qui consiste a jouer à deux à l'aide de noyaux d'olives (hiver et au printemps). On creuse huit trous symétriques sur deux lignes. Au milieu de ces huit trous, un neuvième qui sert à emmagasiner le gain des adversaires. Chaque joueur possède 24 noyaux placés par groupe de six dans chaque trou sauf dans le trou central. Les joueurs doivent à tour de rôle déplacer cinq noyaux en les mettant un à un dans les divers trous le dernier noyau placé, enlève les noyaux se trouvant dans le trou. Le joueur qui a obtenu le plus de noyaux est le vainqueur.

mercredi 25 février 2009

La Kabylie : entre les « si » ,les « Te », et le « cri… »

D'été ou d'hiver ,nos Aieux après la prière de l'aube prenait résolus le chemin pour les champs.la conviction était inebranlable et la volonté aussi .Maintenant que nous sommes face à notre destin ,il est grand temps pour se créer le propre de nous même et agir à ne plus s'adosser aux murs et croire aux ésotérismes enchanteurs.

Après la crise identitaire et les printemps noirs, nous voila donc,en plein dans la confusion religieuse, christianisante comme seule réponse et alternative excentrique face aux «Si» et «Te», d'un modèle de société mis en échec, enclin à une dérive vers un faux dialogue religieux improductif.

Que va-t-il nous apporter ? Es la même contribution civilisationnelle aliénante que nous avions connu depuis 130 ans et bien avant même durant des siècles ? Es le salut ?En ce sens ,la Kabylie n’arrête pas d’être un casse tête permanant. A l’apothéose ou à la croisée des chemins, elle est le miroir où se reflètent les imperfections et les maquillages de toutes sortes de cette identité qui nous laissent perplexes par ces lourdes mutations et parfois ces non sens et ces laissez allez. Pour les uns c’est un phénomène inquiétant, pour les autres c’est l’expression de la quête de moi collectif perdu entre l’islamisation stérile et la modernité menaçante .Pour autant il fallait aller vers un sauveur !

Cette mode, est certes, un cheminement logique qui a pris naissance dans la crise de 1948, et depuis renforcé par un retour sur soi dans les années 1970 et que la nouvelle immigration avait marqué d’une empreinte indéniable. Dans ce monde rural ou semi rural la « modernité » qui dans l’habit s'occidentalise et se mondialise , est accompagnée d’une folklorisation croissante du vécu sans le referant philosophique adjacent à la « kabilité » « takbaylit » trahi par l’ouverture au monde.Plus de chachia, plus de foulard , la tête est nue et nous sommes sans vigueur et désunies. Face à combien de maux, nous sommes aussi , sans mots .
La chrétienté en Kabylie s’annonce alors, au grand jour, sous l’une des formes les plus adéquates soigneusement mises en scène depuis;Faisant du lit d'une haine véxatoire au prophète Mohammed (QSSL) ainsi que tout les attributs de la religion musulmane ,un substitut redécouvert et relooké , qu’une génération avide de repères essaye d’apprivoiser et de s’approprier. Il est beau de lire dans cette tendance les racines, mais aussi les perspectives négationnistes apparentes à travers l’implantation sporadique d’églises du Christ par si et par là, annonciatrices d'amalagames et de contre verités donc l'echec n'est plus à démontrer ,par ailleurs. Au demeurant les mosquées semblent occuper un décor occulte .Les appels "abbereh" "pour s’asseoir à rendre justice" « qim'th gu'el heq ats rebhem » et les introductions au discours de la djamaa qui commencent toujours par le salut au prophète « allah’m sselliq arassoul ellah » semblent être dans l’oubli .
Dans cette stigmatisation continue et subordonnée,la question qu’il convient, à mon sens, de se poser est la suivante: Es ce l’échec de l’islam en Kabylie ? ou es ce l'echec de cette kabylie dans ces fondements même?En premières instances on dirait non. Les rituels et divers piliers de la vie quotidienne sont gardés, alors que,sans se donner de faux espoirs , les développements futurs pourraient occasionner une libanisation de la société aux dépens du ciment réunificateur de l’islam qui permis une large consolidation des acquis et vertus humaines face aux perversions innées de l’occidentalisation individualisante qui à perdue toute dimension mystique et humaine transcendante.

Au pays du poète Mohand Said Amlikech, de Sidi El Moufek, de Boubaghla et de Si El Hadj Amer, ce phénomène prend une résonance d’oubli au goût d’une reconquête d’un espace civilisationnel inconsidéré,nous invitant à une lecture d’un des poèmes de Lounis Ait Menguellat ,dans la chanson: "l’immigration de 1945",

Aheq s’kra gw ayen igh yenfan
Ar nets aawaz di ndama
Nughal nebghath awk dayen yelan
La maana us nezmir ara
Ma neqim bezaff zayith wussan
Amek an sebr i th’yitha

Dans la tribu des Ait M’likech qui a combattu au nom de Allah Akbar durant 7 ans aux cotés de Boubaghla et ses valeureux lieunants,El Hadj Daha de Tiharqatine, Ahmed Ou-Sola d’Iâagachen ,El Hadj Mahieddine d'Ighzer-Ou-Guentour et El-Hadj-Nait-oudia de Taghalat depuis 1851,sous le guide spirituel des Ath Sidi Ali Ouabdellah en allant aux batailles de Icheriden, de Tizibert et même à Larbaa Nait Irathen ,cela surprend à plus d’égards, d’autant que durant la Guerre de Libération Nationale cette contée avait donnée 965 martyres.
Cela prend les couleurs d’une réddition non annoncée plus qu’une conviction religieuse consommée et garantie.Aprés coup, il est vrai que l’électricité ne nous est parvenue qu'en 1985, alors que ceux d’en face en avait depuis 1948.Cela donne ,peut être, des envies et des regrets à la chandelle pour en être un cierge lors de dimanches insensés.
Il est vrai aussi, qu’aux missions civilisatrices de l'ennemi s’enjoignaient les robes de curé. là ou le colonialisme semait la famine les soeurs blanches récoltaient la compassion en essayant de sauver des indigents par quelques faveurs en contre partie d’un signe de croix : « m’selmine m’ketfine »" musulmans aux bras noués". Malgré cette délicatesse et le besoin, les familles musulmanes kabyles étaient rares à en substituer leurs foi pour quelques privilèges mondains. Elles s’en remettaient à Dieu qu’aux médecines de mauvaises volontés et les gestes ‘‘bien attentionné".


Les méthodes n’ont pas changé depuis, hélas. Le petit peuple au lieu de se créer des lendemains meilleurs, il les cherchent ailleurs,en s’enlisant dans des débats stériles là ou la question semble être résolue depuis 667. Après que les armées musulmanes aient vaincu la juive Dihya dans les Aurès et Tarik reprendre le flambeau pour l’Espagne, au lieu de brûler les bateaux de guerre, nous voila en faire de même pour les corps sur la même traversée.
Par D.A.K

mardi 24 février 2009

A nos mères, non parceque c'est le 08 mars



ce poeme De Amar Mezdad
Yemma tedda 'hafi
yemma tedda ‘hafi
tekna f uzemmur
tgezzem ti’zgi
ighli yas wemzur
tidi tetcercur
tferfras tem’zi
tesaram amur

..........................
tifexas g ‘daren
‘terd’iqent i usemmid’
i’zris di lemh’an
ur djin ur tesfid’
mi telli allen
am aggur deg id’
yemma xas tertem
yiwen ur t yerkid’
................................
yemma am tfighert
id dartayen uruz
mi s teghli tezmert
as aalqen le’hruz
ad d teffegh di taddart
ur d teskan telluz’
yemma am tzezert
mmis mi teth’uz
...................................
sakdegh di yemma
tergagi tasaw
lqed is yekna
th’eced gher tamaw
assa nemwala
turez d iyi d arraw
cerd’agh tanafa
tedl iyi d aalaw

lundi 23 février 2009

An maguer tafsut

Ou à la rencontre du printemps :
Yennayer est passé , amerdhil aussi , tadart en attendant timγarine celebre la venue du printemps et la naissance de la nouvelle saison le 15 furar correspondant au 28 fevrier de chaque année .

Le printemps arrive, les premiers bourgeons éclatent sous le regard des fleurs d’amandiers sauvages qui commencent à embellir de leurs couleurs rose, pourpre et blanche la nouvelle saison qui s’annonce.

Après les premiers signes à Tagma chez da boussaad at messaoud, bientôt « issiγid » à tiγilt tagamt et les narcisses à tigrazine. Les uns vont en faire des bouquets, les coincer sur l’0reille ou le foulard, les autres en respirer l'odeur de la fleur et de la terre à plein poumon . Les enfants ne tarderont pas à sortir pour accueillir le printemps et se rouler dans l’herbe verdâtre au petit matin sous la rossée.

La nuit déjà, commence le rituel dans toute les ruelles de tadart aux chants vibrants des meutes .Au passage de chaque maison les enfants lanceront à l’endroit des casaniers : "an maguer tafsut, an maguer tafsut…arriγ laaedziw γef kra yelan d’ismiw’’ :demain nous acceuillons le printemps,, demain nous acceuillons le printemps... je laisse ma mauvaise volonté et ma paresse à tout ceux qui portent mon prénom.

Rendez vous à l’aube à amridj n tiγbirt ou chez les ait ablaaziz à lakhmis, chacun avec ce qu’il peut avec des friandises, sucreries pourquoi pas des oranges primeurs pour offrir et partager la joie de la nature qui renouvelle sa robe de plus belle.Le soir, peut être, ameqfoul su deryess

vendredi 20 février 2009

tiqqar

Kabylian tribe of Beni Mellikech celebrating Tikar

This picture was taken from number 769 of the magazine L'illustration, published on 21 November 1857.Keywords: Beni Mellikech, tribe, Kabylie, Kabylia, Tikar, wrestlers, algeria, ceremony, soldiers, North Africa, scenes


















Le kidokan ou Thiqaren berbère est un sport de combat que beaucoup de sportifs ignorent.C’est une discipline pratiquée par nos ancêtres depuis 2500 at JC.Même dans certains villages en Kabylie, des jeunes le pratiquent à ce jour.


Afin de ressusciter cette pratique millénaire et lui donner un cachet moderne, de jeunes «militants» du sport et grands adeptes des arts martiaux ont fait sortir thiqar de son anonymat. Désormais, on connaît cette pratique dans une quarantaine de pays au monde. Reformée et développée sous la dénomination moderne «kidokan» par le maître et expert Dr Mohamed Hamed, cette discipline est structurée aujourd’hui dans 45 pays sous l’égide de la Fédération internationale de kidokan ( IKF). C’est un autre Algérien, M. Mourad Rebihi qui préside cette instance.Comme l’ancêtre du kidokan à savoir thiqar est très prisé en Kabylie et particulièrement à Tizi Ouzou.
Les fondateurs de cette discipline sous son appellation moderne ont vite pensé de s’ancrer au niveau de la capitale du Djurdjura. C’est ainsi que Bensaid Lamara, qui a appris les rudiments de ce sport chez Mourad Rebihi à Boumerdes a été choisi pour être le représentant du Kidokan à Tizi Ouzou. Apres avoir suivi un long travail pédagogique et les techniques supérieures avec maître Hamed, Bensaid Lamara veut faire aujourd’hui de Tizi Ouzou un véritable pôle du kidokan. Il est secondé dans sa tâche par le représentant administratif Said Rachem, lui aussi entraîneur du kidokan. Aujourd’hui, la discipline commence à prendre de l’ampleur grâce au travail de fourmi de Belkacemi Nordine, Becheur Hocine et Kebir Yacine, tous formés par le maître fondateur de ce sport, M. Hamed.
L’objectif de toute cette équipe est de créer une ligue au niveau de la wilaya de Tizi- ouzou afin de fédérer les futurs clubs, parce qu’il est certain que l’engouement des jeunes au niveau de la Kabylie pour les sports de combat sera un véritable détonateur pour la progression de cette activité qui fait partie de leur identité ancestrale. Parmi les projets de l’équipe, il y a également l’organisation d’un stage national le 26 juin prochain à Batna. Un stage qui sera mis à profit pour dégager une sélection nationale de kidokan, laquelle aura l’insigne honneur de représenter cette pratique aux quatre coins du monde.
In Depeche de Kabylie
Une contribution sur les jeux de sociéte et les jeux d'enfants en kabylie est la bien venue

jeudi 19 février 2009

Les gardiens de la mémoire,,mausolées et sanctuaires.

Par Rachid Oulebsir(1)
In, La Depeche de kabylie ,édition N° : 965

Il n’y a pas de village kabyle sans mausolée. Le petit hameau possède son sanctuaire, son marabout, son wali protecteur, son gardien de la mémoire. Avec Tajmaât, l’agora ou place publique, lieu d’expression de la vie communautaire, où se règlent tous les différends, tous les malentendus, le mausolée (Lemqam) est sans doute l’institution villageoise la plus importante. Le lieu de culte dressé à la mémoire de l’ancêtre, ou d’un personnage dont le charisme a mérité la vénération de la tribu, est régulièrement entretenu et visité. On y pratique des rituels de recueillement et de méditation. On y sollicite la protection de l’ancêtre, sa baraka, persuadé qu’il est à l’écoute des multiples doléances, prêt à soulager les indicibles douleurs !
On y déverse alors contre une obole symbolique, toutes les inhibitions contenues, les souffrances excessives. On déverrouille les cœurs, oubliant toutes les retenues, tous les codes de bonne conduite, toutes les normes sociales en vigueur ! On se relâche, avouant toutes les faiblesses, tous les manques, pour y exprimer les attentes les plus insolites, les désirs les plus refoulés, les objectifs secrets que l’on voudrait voir s’accomplir sous la bénédiction du saint homme, de sa baraka. On fait de l’ancêtre, le médecin aux baumes miraculeux, le confident à l’écoute attentionné, l’allié sûr, l’ami indéfectible. On retrouve le père ou la mère que l’on n’a pas eu. On y donne libre cours à tous les fantasmes pour se vider et se reconstruire.
Le mausolée est le lieu de l’ultime libération, l’endroit du renouvellement des énergies vitales, le berceau de la renaissance individuelle et collective. Les villages d’At Mélikèche ne dérogent pas à la règle. Certains hameaux ont même plusieurs tombeaux sacrés érigés en lieux de mémoire ! L’objet de ce reportage est de décrire la tournée des mausolées en remontant de la vallée de la Soummam.

Le soleil tape déjà trop fort dès les premières heures du jour. Il n’y a même pas de rosée matinale ce lundi 25 juillet. La canicule persiste et le ciel continue de punir les arbres, les hommes et les bêtes.La route est crevassée, parsemée de nids-de-poule et de profondes déchirures. La commune de Beni Melikèche issue du découpage administratif de 1984 est sans ressources, sans doute la plus pauvre de la wilaya de Béjaia. Nous remontons le chemin vicinal à partir de Tavlazt, l’antique limes romain, squatté par les adolescents d’Allaghane et transformé en terrain de football. Sur notre gauche une dizaine d’ouvriers agricoles s’affairent dans l’installation du réseau d’irrigation d’un champ de cardons dans l’immense ferme Hamimi. A droite, le jardin de Achour Ouamara est florissant. Ses enfants vendent du poivron sur l’accotement. 70 DA le kg est-il affiché sur un cageot protégé par une toile de jute mouillée ! Cent mètres plus haut, gisent les ruines du vieux moulin des At Lhadj. Tahouna est un amas de briques de toub entouré de raquettes de figuiers de Barbarie. Une maisonnette en parpaing crépi a poussé sur son flanc droit. Nous nous arrêtons à proximité de Tahanouts, un petit magasin tenu par deux frères, en rase campagne. Ils viennent de perdre un être cher.

C’est le deuil. Leur famille est importante dans la région et les visiteurs venus présenter leurs condoléances sont très nombreux ! Après le recueillement, devoir d’usage, nous reprenons la route vers la montagne.Nous croisons des tracteurs transportant du sable, une denrée rare et chère de nos jours depuis que l’extraction de sable à partir du lit de la Soummam est interdite. Said l’émigré s’étonne : “Les maisons semblent en perpétuelle construction, on n’arrête donc jamais de monter des murs, de confectionner des dalles, d’installer des toitures. Il est vrai que les besoins en logement sont très importants. Construire semble être l’unique préoccupation locale !”

Les nids de la mémoire collective
Nous traversons Tassergant, un endroit réputé pour ses nombreux abris creusés durant la guerre de libération nationale par les moudjahidine de l’ALN. Là, se réunissait notamment le tribunal révolutionnaire sous le commandement de Abederhmane Mira, pour juger les affaires et les malentendus nés de la guerre de libération. C’est un hameau qui se resserre. Les maisons, d’un commun accord, s’agrandissent et se rapprochent, elles ont besoin de chaleur et de solidarité. Elles voudraient, comme en ville, mettre en commun leurs eaux usées, être reliées par des ruelles bitumées, propres, subir moins de coupures d’électricité, avoir plus d’heures d’alimentation en eau potable. Grandir dans la sécurité et devenir un beau village. Le chemin déchiré de méandres et grêlé de nids-de-poule s’étire. Le véhicule peine dans le lacis de virages interminables. Le hameau des frères Adalou, a grandi de deux maisons vers Tiskimine, une colline de figuiers au dessus de l’Assif-el-Ach, une rivière fantasque dont l’étiage est à zéro.Nous abordons à vitesse réduite le virage d’Ighil-Talalt où se rejoignent les trois chemins muletiers remontant de la vallée. Des poulaillers et des maisons de campagne parsèment le flanc de la montagne. Touila est un lieu dit, habité par les descendants d’une même lignée, une dizaine de maisons au plus. N’empêche que ce petit hameau a son propre mausolée. Juchée sur un monticule Taâchiwt-Guighil est le tombeau d’une sainte miraculée qui serait la fille de Sidi Lebsir, l’un des fils de Sidi-El-Moufaq, le guide spirituel des At-Mélikèche. Une pièce unique à toiture de tuiles en pleine colline, un lieu de nos jours visité et vénéré notamment par la gent féminine paysanne qui y trouve un réconfort en se confiant à l’esprit de cette femme rebelle symbolisant la lutte contre la vindicte et l’arbitraire du pouvoir patriarcal. On y allume des cierges (chmaâ), on y brûle de l’encens (ldjaoui), de l’ambre (lâambar), du benjoin (lhentit). On y organise une fois par an une veillée (tevyita), les femmes y improvisent une chorale (ourer) qui ressuscite les chants mystérieux (Ichwiqen) et les poésies ésotériques (isefra) d’autrefois. Un repas est organisé en plein air et les passants sont conviés à la dégustation. La route continue en lacis plus larges, à pente plus douce. Nous sommes à Tica-Charikh, un lieu chargé d’histoire. Ce petit plateau entouré de murailles, de moellons aurait vécu la reddition de la tribu des At-Mélikèche face à l’armée coloniale française conduite par le général Camou en 1854. En contrebas, s’élève une petite bâtisse à enclos, une cour entourée de jeunes oliviers. C’est le dernier moulin à sang de la région, un presseur à olives que fait tourner un cheval. Il appartient à Si-Lhamid At-Ablaâziz, l’un des derniers détenteurs du savoir-faire en matière de fabrication de l’huile d’olive à l’ancienne.

Azrou Tâassast
A l’entrée de Tighrirt, une piste part sur la gauche vers Tiharqatine, passant par Lejva-Tawrirt, (le bout de la colline) un lieu très important dans la mémoire des At-Melikèche. En cette localité, les At-Mélikèche célébrèrent une des nombreuses grandes victoires sur l’armée coloniale française conduite par le lieutenant Beauprêtre que les kabyles désignaient par Bubrit (l’homme qui avait la diarrhée ?). C’est en ce lieu que s’est constitué l’état major de l’armée tribale des At-Mélikèche, sous la direction de Boubeghla dans le courant du printemps 1851. Les historiens notent que cette armée était composée en plus d’une cavalerie, de quatre corps de fantassins : la troupe de Hadj Daha de l’iharqatine, celle d’Iâagachen dirigée par Ahmed Ou-Sola, la troisième d’Ighzer-Ou-Guentour dont le commandement était confié à El Hadj Mahieddine et enfin la troupe de Taghalat commandée par El-Hadj-Nait-Dudia. La maison de Abdelkrim At-Ali-Oubdellah constituait à lâagachen,le lieu de réunion, le repli de cet état-major dont le secrétariat général était tenu par le poète et guerrier Mohand Said Amlikèch dont les écrits ont été révélés par Mouloud Mammeri à la suite du colonel français Hanoteaux. L’hadj Sghir (90ans) rapsode et maître du cercle des bénédictions (agraw) dans le sanctuaire de Sidi Moufaq affirme que “ce lieu a un pouvoir magique, aucune armée n’a pu passer par-là pour attaquer la tribu. On dit que la baraka de cet endroit a obligé la troupe ennemie de Beauprêtre à rebrousser chemin (Azrou taâssast yerzan lemhella gwzal qayli)”.Un mausolée (Ldjamaâ TEWRIRINE)s est érigé à cet endroit qui surplombe le village de Tiharqatine vénéré et entretenu. On l’évoque pour le respect qu’il inspire et la fierté qu’il symbolise. Signe des temps, une antenne géante de téléphonie mobile est érigée à cet endroit qui domine la haute vallée de la Soummam vers le sud et ouvre sur les dix villages d’At Mélikéche vers le nord.

Sidi Hand Ben Ali,le poète guérisseur
Nous reprenons la route vers la haute montagne et les dix villages et hameaux du Arch de Sidi El Moufaq. Ighil Leqrar est la cité la plus basse. Toutes les maisons ont été reconstruites, avec une architecture moderne, à l’européenne, avec des dalles en béton. Les maisons berbères anciennes ont disparu. Seule la demeure de Cheikh Salah est restée intacte avec sa basse toiture de tuiles romaines sa petite cour et sa grosse porte de bois brut. Structuré à l’ancienne le village orienté plein sud, regroupe une vingtaine de maisons collées les unes aux autres, de part et d’autre d’une artère principale sinueuse. Tala, sa source, Tajmaât sa place publique, prolongent en surplomb le mausolée dans un espace commun. Le sanctuaire du hameau n’est rien d’autre que le tombeau de l’ancêtre des quatre lignages qui constituent la population. Sidi Lebsir est un monument de deux petites pièces, l’une toujours ouverte et l’autre contenant le tombeau, fermée à clé. Les familles Adjaoud, Areski, Mehdi et Oulebsir constituent les descendants de cet homme qui aurait vécu, selon les dires des villageois, à la fin du 16éme siècle ce que confirme la reconstitution partielle de l’arbre généalogique de ces quatre groupes auxquels les officiers colonialistes, dans leur logique de division des forces autochtones, ont donné des patronymes différents lors de la constitution des premiers registres d’état civil à la fin du 19éme siècle.
Sidi Hend Ben Ali, a son tombeau en contrebas du village. Ce serait, aux dires des habitants un étranger de passage, n’ayant laissé aucune descendance, un lettré venu prêcher la bonne parole, attiré par la réputation des belliqueux Ath Melikéche, écrivain, médecin traditionnel adopté par la grande tribu. L’un de ses dévots lui a érigé un mémorial, là où il a manifesté sa vertu. C’est une minuscule pièce partiellement cachée par les branches tentaculaires d’un buisson de lentisques (amadagh) qui ajoutent du mystère à l’endroit. Très peu connu et fréquenté, il bénéficie des égards de la gent féminine locale qui l’honorent régulièrement, en y allumant des bougies, en y brûlant de l’encens et d’autres pierres de senteurs.

Lemaqam Ouzebouj, une stèle pour l’olivier.
A l’image d’Ighil Léqrar, Lemsella est un hameau d’une trentaine de maisons solidaires les unes des autres, quasiment vide, déserté par ses habitants qui pour la plupart ont acheté des propriétés en plaine dans la localité d’Allaghane, à l’est de Tazmalt. Deux mausolées identifient le village. Lemqam Ouzebouj, la stèle de l’oléastre, survivance de croyances païennes de glorification des dieux de la végétation, Ifrou notamment. Il fait l’objet d’une attention particulière de la part des vieilles femmes qui ne manquent jamais d’allumer des bougies qu’elle collent sur le tronc de l’oléastre tout en récitant des suppliques ésotériques d’un entendement ancien. Tala El Ansar, est la principale source vénérée par les premiers habitants des lieux dans un rite païen voué à Liloul le dieu des eaux dans la cosmogonie amazighe. Sidi El-Moufaq, le maître spirituel musulman de la tribu At-Melkéche en avait fait son lieu de recueillement et de méditation en y érigeant une petite mosquée dans le pur style architectural berbère. C’est à son époque, le 16éme siècle, que fut construit ce petit mausolée, Ldjamaâ Elaîsar, selons les dires des villageois. L’eau de cette source est réputée guérir la coqueluche (âiq), et faire tomber les sangsues qui s’accrochent à la gorge des animaux (Titda). On vient de loin, puiser de bidons entiers, sans oublier d’en boire au maximum sur place.

Sidi El Moufaq, l’esprit du Arch
Sidi-El Moufaq est sans doute le sanctuaire le plus important par son rayonnement intervillageois et pour le respect que vouent les citoyens de son arch aux régles sociales (Taâlaqr) qu’il a instituées au début du 16éme siècle. Nous y arrivons en contournant par la droite le village Lemsella hameau réputé pour sa stéle Lemqam Ouzebouj . Visible à des kilomètres à la ronde, le mausolée de Sidi El Moufaq est une grande mosquée qui peut recevoir plus de 250 fidèles, avec un minaret de 20 m de haut et de nombreuses dépendances, qui servent à l’hébergement des pélerins, en plus du local qui abrite le tombeau du saint personnage. Un palmier tricentenaire et un figuier géant décorent et ombragent l’immense cour pavée de pierres bleues. Quatre activités sonts généralement observées dans ce temple dont la réputation dépasse de loin de wilaya de Bgayet puisque des visiteurs viennent d’Oran, voire de Annaba, donnant lieu à des festivités et des réjouissances collectives qui regroupent des milliers de personnes ! Ce sont Iwedjiven le rituel annuel de l’ouverture de l’année agraire amazighe, Timechret le rite sacrificiel de solidarité communautaire, Tevyita la veillée de commémoration, et Ziara, la simple visite individuelle ou familiale de recueillement. Ces rites coïncident souvent avec les fêtes religieuses telles Taâchourt, L’aid et le Mouloud. Sidi El Moufaq est entré dans la légende sous une version de l’histoire que nous ne pouvons ni confirmer ni infirmer. Il serait le fils de Sid Khiar dont la stéle est située à Lemdjaz, un hameau de l’ouest des At-Mélikéche. Son mausolée est connu sous le nom de Taq-Avahri. Ce même Khiar est le fils de Bahloul, fils de Assem originaire du sud du Maroc Bahloul-ou- Assem a son tombeau dans le village de Bahalil, à l’est de la communes d’Aghbalou où son mausolée fait l’objet de visites et de rituels importants. Nous avons retrouvé la généalogie de Bahloul-ou-Assem, qui établit le lien avec Fatima-Ezahra la fille du Prophète Mohamed (QSSL). Il serait contemporain de Abderahmane Ethaâlibti de Yahia-El Aidli, et Sidi Amar Chrif avec lequels il aurait fait le pèlerinage à la Mecque.

Rituel d’ouverture de l’année agraire
L’activité agricole dans les montagnes de Kabylie démarre au mois d’octobre après les premieres pluies d’automne. Elle se déploie durant toute l’année suivant un calendrier très précis qui définit les actes géorgiques et le comportement du paysan par raapport à la terre, la végétation, la faune et la flore. Le rite de l’ouverture des travaux est célébré en deux temps, le premier par une manifestations culturelle et religieuse dans un lieu symbolique, le second par l’accomplissement du premier sillon dans un champ suivi d’une collation ou d’un pique-nique et d’une cérémonie de bénédiction des animauxs et des outils de travail. Ce rite de relance de l’activité agricole est de nos jours vidé de son initial et original. Il est transformé en un moment de joie, une fête où l’on chante, danse et glorifie un saint, souvent l’ancêtre éponyme. C’est le cas à At-Melikeche où le mausolée de Sidi El Moufak accueille des milliers de convives autour d’un repas-rituel, et d’une veillée durant laquelle s’exprime l’imaginaire collectif local.Tevytia, la nuitée traditionnelle attire les visiteurs du Arch des At Melikèche regroupant deux communes, At Melikèche et Tazmalt, mais aussi des citoyens des communes limitrophes, Illilten au nord à l’ouest, Akbou à l’est, Boudjellil et Aït R’zine au sud. Des pèlerins arrivent de la capitale, de Béjaïa et même de la lointaine Ouahran, pour quémander la protection et la baraka de Sidi El Moufaq. Azrib, le parvis du mausolée s’avère toujours trop étroit le premier vendredi du mois d’octobre de chaque année pour contenir la foule des pèlerins arrivés par vagues successives depuis la levée du jour. Les hôtes du lieu vénéré sont reçus et guidés dans leur visite par les bénévoles de l’association culturelle locale. Des bénévoles de tous les villages alentour viennent prêter main-forte à l’association de la mosquée Sidi El Moufak dépassée par l’événement. Le rituel immuable commence par le recueillement devant le tombeau passe par la crypte ou sont amassées les reliques de l’ancêtre éponyme pour se terminer par le don l’obole (ouâdat) auprès de l’assemblée des marabouts (agraw). Au sortir du cercle des bénédictions on mange obligatoirement quelques cuillères de couscous pour la baraka, on avale des gorgées d’eau de la source bénite pour la purification. Ce sont des gestes accomplis par les visiteurs en plus de la prière collective du vendredi.Les dons sont en argent mais souvent en nature. Les boucs, les agneaux promis par les habitués des lieux touchés par “les miracles du lieu saint”, sont très nombreux. On recense aussi des coupons de tissu, des cierges et des pierres de senteur, ambre, encens et benjoin. De nombreuse familles passent la nuit en ce lieu pour bénéficier de la protection future du saint tombeau et s’assurer de son intercession auprès des hautes divinités. Le cercle des marabouts se charge d’exprimer dans la ferveur la détresse des pèlerins qui quémandent les bénédictions. L’Hadj Seghir, le rapsode au turban jaune appelle de ses vœux le retour des émigrés (Ighriven), les pluies bienfaitrices, la paix dans le pays, la fin des difficultés et l’avènement de jours meilleurs pour tout le monde. A côté de ses prières d’ordre général, chaque personne qui dépose son obole aura droit à ces suppliques bien précises. Un prétendant pour une vieille fille malchanceuse, un garçon pour un couple stérile, la guérison pour un diabétique, du travail pour un chômeur du courage pour une drogué qui veut s’en sortir…

Le cercle des bénédictions
Les “sages” descendants de Sidi El Moufaq, membres du club fermé dit cercle des bénédiction (Agraw) font appel aux notables des villages de la commune et aux mécènes et hommes de bonne volonté. Le arch répond présent, les associations culturelles et sociales des villages prennent en charge la vigilance et l’organisation de Tevyita, le rituel de relance de l’activité agricole, Idhebalen, la troupe des tambourinaires, égaye la journée sous le figuier géant de la grande cour, les chants religieux donnent la prestation du groupe musical.Des plats de couscous agrémentés de viande sont servis aux convives. Ceux qui viennent de loin ont la priorité à la table du mausolée. El Hadj Seghir, le rapsode aux épaisses prières a levé partiellement le voile sur l’identité de Sidi El Moufaq.“El Moufaq est le fils de Sidi El Khier, le saint de Sétif qui descend de Sidi Bahloul fils de Assem dont le tombeau se trouve à côté de Draâ El Mizan. Il est issu d’une famille maraboutique lettrée chassée d’Espagne par les chrétiens à la fin du 15eme siècle (vers 1490). Sidi El Moufaq a rejoint les Béni Melikèche, eux mêmes chassés de la Mitidja par les Béni Merin, au début du 16e siècle. Il s’est installé à Lemsella. La tribu des At-Melikèche en fit son guide spirituel. Il épousa une femme de ce village et eut quatre enfants, l’un de ses petits fils porte son nom, son tombeau se trouve à Takaâts près de Seddouk. Sidi El Moufaq a écrit de nombreux ouvrages mais seuls deux traités de liturgie musulmane, et d’exégèse du Coran daté de l’an 902 de l’Hégire ont été retrouvés”. Cette version ne corrobore pas la première. L’association culturelle Sidi El Moufaq très sensible à ce problème des origines entreprend de rassembler tous les documents d’archives relatifs à la vie et la contribution de la localité de l’histoire nationale.Le code de l’honneur et les règles de célébration des mariages qu’il a institués au16e siècle sont encore appliqués de nos jours dans tout le arch de Béni Melikèche.Il est à l’origine de la réglementation de la dot et sa réduction à sept objets (des habits) et l’interdiction des bijoux en or dans le mariage contracté avec une dot symbolique de 1 dinar 25 centimes (25 dourous). Il aurait dit : “La femme n’est pas un objet que l’on vend et chète avec l’argent. L’échange d’un objet symbolique suffit à légitimer l’union entre deux époux”.L’islam des ancêtres semble moins contraignant que celui d’aujourd’hui.“La cérémonie d’ouverture symbolique de l’année agraire sera complétée après cette fête par le rituel du premier labour. Un paysan accompli sera choisi, il tracera un sillon à l’aide d’une paire de bœufs et d’un araire traditionnel. Un pique-nique suivra cette relance symbolique des labours on y consommera dans la joie les fruits secs de la saison écoulée. Grenades, figues, raisins, coings…” complète le paysan El Hassen.Le paysan kabyle qualifié de rigoriste ne rate pourtant aucune occasion de faire la fête.
La baraka des dix sanctuaires
Le village d’Iaâgachen, connu pour avoir été la forteresse de l’intrépide Boubeghla entre 1848 et 1856, protégée par la puissante famille du poète Mohand Saïd Amlikech, abrite outre le mausolée de Sidi Ali Ou Abdellah, la crypte de Jeddi Wennouch sise à Annechar, vénérée par le arch des At Sellam et le tombeau de Sidi M’hend Essadak fils de Sidi El Moufaq. L’ancêtre des marabout de Tabouda est Sidi M’hand Esseghir, l’un des quatre fils de Sidi El Moufaq. Son mausolée est situé au lieu dit Saâda.La mystérieuse Lala Melkheir Tachita est un mausolée réputé pour ses vertus curatives, sa protection contre la stérilité. Elle constitue avec Sidi Ali Taghalat les deux saints protecteurs de Taghalat le plus haut village des At Melikèche.Plus à l’ouest la route étroite traverse Ibejiwène, At Ourqqas et Amaraï, trois pâtés de maisons d’une grande beauté. Le mausolée de la contrée est Sidi Belkacem Warhab.Plus bas, le gros village de Tighzert Ou Gentour est sous les auspices du saint Sidi Hend-Ouabdellah alors que les citoyens d’Ah Oumar bénéficient du burnous bienfaiteur de Si Lhadj Amar, un érudit venu de Tunisie au milieu du 18e siècle.A l’est sur la rive gauche du ravin Assif Ou Gentour, les hameaux Imravdhen se revendiquent de Sidi Hend Ou-M’hend. Le dernier village du arch des At-Mélikèche, Ighil Ouchekrid relevant administrativement de la commune d’Aghbalou de la wilaya de Bouira est sous l’étendard spirituel du saint du gros village d’Ibahlal, Bahloul-ou-Assem. Plus au sud le gros bourg maraboutique de Rodha, au dessus de Tazmalt est sous l’assistance spirituelle permanente de l’ancêtre éponyme, Sidi M’hend Avahloul.Chaque mausolée a sa propre histoire, ses prodiges ses miracles, ses fidèles. Les islamistes rigoristes les voient comme de sérieux concurrents à leurs dogmes orthodoxes. Les colonisateurs français les avaient fermés et couverts de ridicule dans leur propagande civilisatrice.La population locale s’en revendique et les protège. C’est un pan de notre identité riche et plurielle. C’est entre autres fiertés, ce qui nous distingue des autres peuples

(1)Rachid Oulebsir, diplômé d’études approfondies en économie des ressources humaines des universités Paris Nord et Paris I Panthéon Sorbonne (1978),vit en Kabylie où il exploite la ferme familiale. Professeur de lycée, directeur de collège, puis professeur-associé à l’université de Béjaia, il est correspondant de presse depuis la naissance de la presse indépendante (1991). Il a ainsi durant plus d’une décennie pris le pouls du monde rural, de la paysannerie kabyle en pleine mutation. Ses reportages consacrés aux pratiques du terroir sont tous parus dans les quotidiens de la presse algérienne indépendante (1).La compilation de ces nombreux reportages et enquêtes a donné un volumineux ouvrage composé de trois livres, intitulé « Kabylie, terroir et culture ». il est notamment l'auteur du livre "L'olivier en Kabylie, entre mythes et réalités " publie en juillet 2008 chez Harmattan
Le premier volume qui est achevé, prêt à l’édition, fait revivre les trois mois de cueillette des olives dans la vallée de la Soummam et dans le Djurdjura méridional, avec les rituels coutumiers et les pratiques culturelles qui entourent cette période particulière de la vie paysanne en Kabylie. Le second livre, au stade de la mise en page, consacré aux métiers en déclin est un recueil des survivances d’un passé artisanal florissant qui a fortement contribué à forger l’identité régionale. Le troisième tome, au stade d’ébauche, se veut un témoignage sur la disparition des maisons kabyles anciennes et par extension, sur les étapes de la mutation accélérée de Taddart, le village Kabyle, l’extinction de ses institutions séculaires.